L’auteur

Ce carnet est tenu par

Rémi Mathis
Archiviste paléographe
Conservateur des bibliothèques

Produire du savoir

Élève de l’École nationale des chartes, j’y rédige une thèse sur Simon Arnauld de Pomponne (2007). Je choisis de me spécialiser à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (enssib) et effectue mon stage long de fin d’études au sein du Short-Title Catalogue Netherlands à la Koninklijke Bibliotheek des Pays-Bas.
Je dirige alors la bibliothèque de sciences humaines Paris-Descartes/CNRS (UMS 3036) et m’intéresse notamment aux questions de bibliométrie et d’open access (2008-2010)
Je rejoins la BnF en 2010 en tant que conservateur des fonds du XVIIe siècle du département des Estampes.

Mes premières recherches portent sur Simon Arnauld de Pomponne, secrétaire d’État des Affaires étrangères de Louis XIV, sous la direction des professeurs Lucien Bély à l’université Paris-Sorbonne et Olivier Poncet à l’École des chartes. Ces recherches se poursuivent encore actuellement et ont donné lieu à publication de plusieurs articles et d’un livre sur les relations entre Pomponne et son père Arnauld d’Andilly, comprenant l’édition scientifique de leur correspondance complète (collection Univers Port-Royal 2012).

Pomponne appartenant à la célèbre famille des Arnauld de Port-Royal, j’ai été amené à m’intéresser de près au jansénisme. Membre du conseil d’administration de la Société des amis de Port-Royal, j’ai notamment assuré la direction scientifique (avec S. De Franceschi) du colloque (2011, actes publiés dans les Chroniques de Port-Royal en 2012).

Par ailleurs, mon métier m’a amené à pratiquer l’histoire du livre et de l’estampe. Suite à mon expérience néerlandaise, j’ai publié un livre sur les bibliographies nationales rétrospectives (Les Bibliographies nationales rétrospectives. Entre recherche d’identité et identité de la recherche, 2010) et m’intéresse particulièrement à l’usage des nouvelles technologies dans le traitement des données bibliographiques sur les imprimés anciens. Je prépare une bibliographie des œuvres d’Arnauld d’Andilly et une série d’articles statistiques sur le livre néerlandais (en collaboration avec M.-A. Gariel-Mathis).
Dans le cadre du travail à la BnF, je prépare le catalogue raisonné de graveurs du XVIIe siècle ; en derniers lieux Claude Massé et les Loisy de Besançon. Nous travaillons également collectivement à une exposition sur l’estampe sous Louis XIV, qui se tiendra au Getty (Los Angeles) et à la BnF en 2015.

Diffuser le savoir

Produire de la connaissance n’a d’intérêt que si elle est partagée. Dans le cercle des spécialistes où les recherches sont discutées et critiquées. Dans la société tout entière.

Je publie ainsi très régulièrement des critiques de livres sur les sites parutions.com et nonfiction. Je co-dirige le pôle histoire de ce dernier site et suis membre de son conseil d’administration.

J’ai surtout la chance extraordinaire de faire partie de ce que je considère comme la plus formidable aventure humaine actuelle : Wikipédia. L’encyclopédie libre constitue pour moi l’occasion inespérée de pouvoir diffuser de manière précise et rigoureuse l’état de l’art sur les sujets les plus divers, en citant directement les recherches originales. C’est à dire, pour la première fois, donner au plus grand nombre le meilleur savoir, sans la barrière des vulgarisateurs. Et le faire sans arrière-pensées, sans aucun autre but que partager ce qu’on aime, en travaillant de manière collaborative. Permettre sa diffusion et sa réutilisation. De manière gratuite et altruiste. Contributeur depuis 2006, administrateur depuis 2007, je me suis également impliqué dans Wikimédia France – la structure travaillant à faire connaître les projets, proposer des formations, amener la libération de contenus, servir d’interface pour les institutions, communiquer, etc.  : j’appartiens à son CA depuis 2009 et le préside depuis 2011.

Je suis enfin rédacteur en chef d’une revue portant sur la gravure des origines à nos jours, les Nouvelles de l’estampe. La majeure partie est scientifique (avec comité de rédaction, reviewers et assez fort taux de rejet) ; des rubriques portent sur l’actualité. Cette revue est historiquement liée à la BnF mais dépend du Comité national de la gravure française : c’est-à-dire que je suis directement aux prises avec des problèmes financiers puisque je dois dégager un bénéfice suffisant pour payer un employé. Les questions de viabilité, de modèle économique, de pérennité ne sont pas un vain mot pour moi. Ce qui ne m’empêche pas de travailler à ouvrir la revue au monde, qui sera très prochainement disponible en open access sur revues.org.

Bien que ce blog puisse évoquer des questions en lien avec mes activités associatives, voire professionnelles, les propos qui seront tenus ici sont strictement personnels et n’engagent en rien ni Wikimédia France, ni la Bibliothèque nationale de France, ni aucune des associations dont je suis membre.