INIST : la fin de RefDoc

Il y a plus d’un an, la communauté académique française a fait part de son émotion au sujet des pratiques commerciales d’une unité du CNRS.

Cette dernière, appelée INIST, vendait des reproductions d’articles publiés dans des revues académiques, sans en posséder les droits (qui appartenaient soit aux auteurs, soit à la revue).

Dès 2009, Alexandre Moatti s’étonnait de ces pratiques. Alerté, j’en avais parlé avec quelques enseignants-chercheurs et bibliothécaires : Olivier Ertzscheid publiait alors un texte véhément, repris chez Rue89 et donc très lu en dehors du petit cénacle de la recherche, et je revenais moi-même sur le sujet quelques jours plus tard.

À cette époque, l’INIST (et le CFC) avaient déjà été condamnés pour contrefaçon en première instance et en appel (jugements de 9 juillet 2010 et 27 mai 2011).

Pourtant, malgré la condamnation en justice, l’émotion provoquée dans son public premier et l’échec commercial, la réaction avait été de continuer à foncer dans le mur.

Le 11 décembre, un arrêt de la cour de cassation confirme la condamnation de l’INIST.

La contrefaçon d'articles s'écrase contre l'open access

La contrefaçon d’articles s’écrase contre l’open access (photographie suédoise anonyme, années 1950)

Refdoc est désormais mis hors-ligne. On a la confirmation que certains ont préféré il y a un an protéger des activités illégales plutôt qu’apprendre de leurs erreurs, les corriger et se remettre au service du public et de l’intérêt général.

On a perdu quatre ans (depuis 2009), beaucoup d’énergie et beaucoup d’argent public.

Espérons que le nouveau directeur de l’INIST (depuis juillet 2013), Raymond Bérard, qui a précédemment fait ses preuves à l’ABES, pourra enfin travailler plus sérieusement, en particulier sur l’open access afin de donner à la recherche française la visibilité qu’elle mérite et aux chercheurs des outils adaptés.

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