Le scandale de l’INIST/CNRS
par RM
Résumé si vous trouvez l’article trop long : Une unité du CNRS, l’INIST, vend à un prix démesuré (jusqu’à plus de 50 euros) des articles scientifiques par ailleurs souvent disponibles de manière libre et gratuite. Elle a été condamnée pour ce fait et n’ignore rien de l’illégalité du procédé. Elle continue pourtant, à l’encontre de la volonté de la communauté des chercheurs. Nous appelons à un arrêt de ces pratiques qui vont à l’encontre de l’open access, par ailleurs prêché (à raison) par le même CNRS. Une pétition est en ligne.
Bref historique
L’INIST est fondé à la fin des années 1980. Il s’agit de la structure du CNRS qui gère la documentation et "l’information scientifique et technique". Elle constitue entre autres des bases de données de métadonnées d’articles et permet un accès à ces articles grâce à des abonnements qui permettent à l’ensemble des laboratoires du CNRS d’avoir accès aux revues scientifiques de leur champ.
À la fin des années 2000, l’INIST décide de "moderniser" le prêt entre bibliothèques : puisqu’il dispose des métadonnées (des références des articles), pourquoi ne pas proposer des photocopies (comme cela se fait depuis toujours), en se rémunérant au passage ? Cela permettra en plus de gagner de l’argent, puisque cela est demandé aux institutions publiques. L’INIST signe à cette fin un accord avec le CFC (Centre français d’exploitation du droit de copie) et lance le service RefDoc. Les articles sont également en vente sur Chapitre.com.
2009-2011 : l’étonnement, la fronde, le procès
En juin 2009, Alexandre Moatti (X-Mines, responsable du portail sciences.gouv.fr et rapporteur l’année précédente du rapport Salançon-Moatti sur l’information scientifique et technique) s’étonne que des articles de la revue dont il s’occupe soient vendus 15 euros pièce alors que la revue tout entière est vendue à ce prix (et est encore disponible). Dans les commentaires, le directeur de l’INIST vient lui expliquer qu’il n’a rien compris et que tout cela est normal.
Trois jours plus tard, Olivier Ertzscheid, maître de conférence en sciences de l’information, met le dossier sur la table lors d’une rencontre à l’INIST et se fait publiquement insulter.
Parallèlement, un auteur porte plainte. Le 9 juillet 2010, le tribunal de grande instance de Paris condamne l’INIST et le CFC pour contrefaçon. Le tribunal a conclu à la nécessité de l’accord de l’auteur, que ce soit pour des « copies aux fins de vente, de location, de publicité ou de promotion » comme le prévoit le CPI. La condamnation est confirmée en appel (27 mai 2011).
À partir de ce moment, l’INIST sait de manière certaine qu’il est hors-la-loi. Chapitre.com quitte le navire. Mais l’INIST maintient son modèle économique sans rien changer.
Prend-on chercheurs et professionnels de l’information pour des pigeons ?
Sans rien changer, c’est à dire en prenant les gens pour des c***. Au mois de septembre, une amie me signale que certains de mes articles sont en vente sur Refdoc. Ces deux articles sont vendus entre 31 et 124,38 euros selon le délai de fourniture (4 euros de droit de copie, 20,38 euros de TVA… et 100 euros pour l’INIST). Bien évidemment, je n’ai pas été payé pour ces articles de recherche et les revues ne roulent pas non plus sur l’or (et ne cherchent d’ailleurs souvent même pas à gagner de l’argent).
J’adresse alors un courrier à l’INIST pointant cette anormalité et demandant quelle était la base légale de cette vente, étant donnée la condamnation de 2011. On m’envoie l’argumentation pré-procès. Je réponds que je connais cette argumentation mais que nous savons tous deux qu’elle n’est pas juridiquement valide. Pas de réponse. C’est-à-dire que l’INIST, pour protéger un fonctionnement illégal, s’est mis à délibérément mentir aux chercheurs qui se renseignent auprès d’eux. Quand la tromperie et le mensonge s’ajoute à la contrefaçon, cela devient très grave.
Alerté, Olivier Ertzscheid rédige alors une Lettre à l’INIST dénonçant de nouveau ces pratiques et appelant à leur évolution. Reprise par Rue89 et plusieurs médias, cette lettre est lue plusieurs dizaines de milliers de fois en une semaine. Sans réaction de la part de l’INIST ou du CNRS.
À gauche, un directeur de labo va donner un cours en habit de travail. À droite, l’INIST.
Comment en est-on arrivé là ?
L’INIST est tombé dans le piège qui guette les institutions censées "valoriser" (c’est-à-dire "vendre de manière directe" et non "mettre en valeur" ni même "contribuer à créer de la richesse") leurs actifs ou leurs données. Qui est non seulement d’échouer dans cette mission mais de cesser en même temps de rendre le service pour lequel elles avaient été créées.
Or l’INIST avait été transformée en INIST-diffusion, aux missions commerciales. L’échec a été retentissant. Le fiasco est tel que le CNRS décide de supprimer cette filiale en 2012, qui redevient une unité de service.
On était pourtant prêt à tout pour que la vente fonctionne. On fait croire que RefDoc est une base bibliographique utile aux chercheurs, mais quand une revue (le Bulletin des bibliothèques de France, gratuitement disponible en ligne) demande que ses articles ne soient plus vendus, on la déréférence entièrement. Le but n’est donc pas de permettre une recherche, et éventuellement de vendre pour rendre un service : la vente est première et conditionne le reste.
Même si cela avait fonctionné, qu’aurait-on vu ? Des universités et des labos du CNRS qui payaient 50 euros à l’INIST pour avoir accès à un article. Bref, l’Etat qui paye l’Etat, et l’Etat qui fait ensuite semblant d’avoir oeuvré à réduire les dépenses publiques puisqu’il y a eu vente. Des institutions qui jouent à la marchande entre elles… à la nuance près que jouer à la marchande demande une gestion humaine des flux financiers qui, elle, est loin d’être gratuite.
Pire, l’INIST joue contre son propre camp, celui du CNRS et des chercheurs.
Tuer l’Open Access ?
On sait que l’édition scientifique est en crise. Ayant sous-traité la publication des meilleures revues à des grands groupes internationaux, la recherche meurt d’être à la merci de ces groupes, dont les tarifs augmentent chaque année de manière non soutenable. L’institution paye la recherche, la publication de la recherche et l’accès aux publications de la recherche. L’intermédiaire (éditeur) ne paye rien mais engrange l’intégralité des bénéfices.
C’est pourquoi la communauté scientifique mise depuis des années sur l’open access : que les coûts soient supportés lors de la publication et que les résultats de la recherche scientifique soient librement consultables par tous.
Le CNRS est impliqué dans le développement de l’open access, notamment par l’intermédiaire de revues.org et de la plate-forme HAL… où on trouve gratuitement une bonne partie des textes vendus par l’INIST. L’INIST va donc à l’encontre de la politique scientifique actuelle du CNRS (et de nombreuses grandes institutions, voire de pays tout entiers où le dépôt en open access est/sera obligatoire) !
L’appel de Savoirs Com1
Aujourd’hui, le collectif Savoirs Com1 structure ce mécontentement et appelle à signer une pétition.
Le CNRS a encore la possibilité de sortir par le haut de ce scandale avant qu’il ne prenne trop d’ampleur, en faisant de RefDoc ce qu’il aurait toujours dû être : une base bibliographique mettant en valeur les publications des chercheurs dans les revues que l’INIST dépouille – avec un lien vers le plein texte s’il est disponible en ligne et la possibilité de demander des reproductions dans le respect de la loi française (qui n’autorise que le non-commercial).
Espérons que la communauté savante saura montrer qu’elle est adulte, et tendue de manière solidaire vers un meilleur accès à la recherche et à l’information scientifique et technique.
[...] C’est l’affaire du moment : l’INIST, composante du CNRS vend cher, avec DRM pour les versions numériques et sans autorisation des auteurs des milliers d’articles d’universitaires mais aussi de professionnels de l’Information documentation. Ces articles sont très souvent disponibles en accès libre sur des archives ouvertes ou librement diffusés par leurs auteurs. Vous trouverez une synthèse de l’affaire par Remi Mathis à cette adresse. [...]
[...] coléreuse et productive d’Olivier Ertzscheid, à la réactivité méticuleuse de Rémi Mathis, au collectif Savoirs COM1, à l’existence de leur site, aux multiples tweets et retweets de [...]
[...] se lancerait dans des procédures similaires. C’est ce que confirme Rémi Mathis dans un billet paru sur son blog, où il raconte que l’INIST continue à ressortir aux auteurs qui demandent des explications [...]
Reblogged this on pagailleS.
[...] écrite au gouvernement à ce sujet. L’affaire est expliquée de manière plus précise ici. Bien cordialement, Rémi Mathis Conservateur (BnF) .fb_iframe_widget { vertical-align: top [...]
[...] Je cite ci-dessous Rémi Mathis, qui résume fort bien la situation (l'histoire complète étant à lire dans son billet) : « Une unité du CNRS, l’INIST, vend à un prix démesuré (jusqu’à plus de 50 [...]
[...] le 1er octobre, une polémique enfle chez les chercheurs. Elle connaît une ampleur inédite depuis la gueulante poussée par [...]
Interessant !
Travailleur indépendant tombé par hasard sur une polémique bien française !
Peut-on gaspiller du temps et faire perdre encore plus d’argent aux contribuables ?
Hé bien oui !
Après quelques rapides investigations quelques questions me viennent ?
-Est on obligé d’acheter vos articles sur Refdoc de l’INIST que 300 personnes cherchent, référencent, manipulent et mettent à disposition de celui qui en a besoin ?
-Le travail de 300 personnes représente-t-il moins que le votre ? si oui pourquoi ?
-Vos articles parus dans des revues payantes ne vous posent pas de problèmes ?
-Combien l’INIST a t-elle vendu de vos articles ?
-Qu’elle CA représente ces ventes ?
-Combien lui ont elle coûté ?
-Etre dans une base de données de 53 000 000 de références (chiffres sur site refdoc) ne vous permet-il pas d’être mieux lu ou vu par quelqu’un qui chercherait un article d’un « d’un maître de conférences en sciences de l’information.Réflexions, analyses, signalements, opinions » ?
nb: Sympa le lien du jour sur votre blog, M. Olivier Ertzscheid, pour le livre « Martine » -petit livre d’enfant pour ceux qui se souviennent- sûrement adressé à des gens comme moi… allez… je me détends en blaguant !!!
-Combien coûte le référencement de ces 53 000 000 de documents ?
-Dois-je attaquer mon buraliste qui me photocopie un courrier pour 2€ ?
-Si il s’agit d’un document CERFA dois-je reverser quelque chose à l’Imprimerie Nationale qui l’édite avec nos impots ?
-Comme c’est moi qui appuie sur le bouton, puis-je lui demander une réduction ou un dédommagement ?
-Cette croisade ne serait-elle pas plus personnelle que justicière ? (en référence à votre article -…me traiter de noms d’oiseaux …)
-Le travaille que je fais chaque jour étant une recherche intellectuel, est-t-il normal que l’on me fasse payer une TVA dessus ? Et vous ?
-La recherche tuerait-elle l’intelligence ?
En tout cas, la conccurence étrangère n’a pas grand chose à faire… En France on sait se saborder tout seul !(Vous tous-CFC-éditeurs-INIST-CNRS travaillez pour qui ?)
En conclusion : Travaillant, comme de nombreux artisants de la 1ère Entreprise de France, plusieurs dizaines d’heures par semaine avec à la clé près de 60% de prélèvement sur les maigres bénéfices dégagés pas nos petits QI en ces temps de croissance économique « exceptionnelle », je suis « ravi » de constater que nos prélèvements, impôts et taxes permettent à des chercheurs et universitaires de bloguer des heures durants sur le scandale du « on peut acheter des articles sur un site de l’INST Refdoc (si j’ai bien compris..)au lieu de les acheter dans des revues payantes qui vendent ces articles sous forme d’abonnement à l’INIST (si j’ai bien compris..)ou de les chercher sur des sites gratuit sur lesquels vous déposez vos articles gratuitement, articles que vous publiez dans des revues payantes(si j’ai bien compris …) ».
J’imagine que les éditeurs vous versent des royalties ? Si non,Je vais peut-être me lancer dans l’édition de revue ! allez … je me détends encore !!!
Mouais …
Une consolation tout de même en observant, rapidement je vous l’accorde, ce phénomène qui vient jusqu’à ma boite email étrangère à votre monde (à priori le même que nos hommes politiques et autres extra-terrestres qui ne se posent pas l’unique question que se posent tous ceux qui vivent dans mon monde : Est-ce que mes enfants auront de quoi manger demain ?)
je n’ai pas 10 heures de travail hebdomadaire, je ne suis pas financé par mes concitoyens pour faire mon travail, pas de congés maladie car la carence démarre le 1er jour de la maladie et se termine le dernier jour de la maladie, pas non-plus 10 semaines ou plus de congés payés… ni 8, ni 5, ni même 2 !!!
Ha oui ! une consolation disais-je ! Si le peu d’études que j’ai pu faire ne me trompe pas, un maître de conférences en sciences de l’information,un bibliothécaire,un Consultant en communication internet,un Entremetteur dans l’ens. sup. fr,un enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication,un conservateur responsable des bibliothèques Santé ,une responsable des archives ouvertes,n’ont rien à voir avec le Cancer, le S.i.d.a., les maladies orphelines et autres maladies, la désertification, le réchauffement climatique, le trou de la couche d’ozone, les énergies renouvelables, le chomage, l’économie, la faim, etc … Cela me rassure et me laisse donc espèrer que ceux qui s’occupent de ces problèmes ne sont pas sur vos blogs, sites, twitts, forums, etc.. mais devant leur microscope, leurs éprouvettes,dans leur bureau ou laboratoire à oeuvrer pour l’humanité au lieu de se masturber l’égo ou pire encore à essayer d’occuper leurs immenses temps libres financés par qui déjà ? …
"Immense Temps libre ? "
J’hallucine, quand je pense que je bosse entre 50 et 60 heures par semaine, que je me tue à lire des papiers, à en écrire, que je corrige des copies, encadre mes étudiants, que je prends 2 semaines de vacances tous les 2 ans, que quand vient l’été je me dis "chouette, je vais pouvoir bosser", que je passe ma vie à écrire des projets pour pouvoir embaucher des gens.. tout ça pour lire de la main du premier venu que je suis grosso modo un parasite de la pire espèce. J’hallucine bordel. Vous croyez qu’on est arrivé dans une fac ou dans des labos en disant "créez moi un poste !! Je veux voler le pain des français !" ou quoi ? Mon dieu, derrière chaque fonctionnaire, chaque cercheur, il y a eu un besoin indentifié et pour chaque poste des centaines de candidats. Alors ce discours de merde sur le parasitisme des fonctionnaires, vous pouvez vous le mettre là où vous allez cherchez vos idées.
Bref, Je ne sais pas quelle est la nature de votre artisanat, mais il n’empêche que j’adorerais voir votre réaction si qqn venait vendre ou s’approprier votre travail/vos créations sans même vous le dire ou pire en vous disant de la fermer si vous n’êtes pas content.
Cher terrien,
Soit vous êtes un fameux troll, soit il est nécessaire de préciser certaines choses. Il est vrai que je m’adresse plus spécifiquement à un public connaissant enjeu et contexte : il n’est pas anormal que des gens qui ne sont pas dans le monde universitaire n’aient pas certaines clefs.
Avant de commencer : votre commentaire semble s’adresser à Olivier Ertzscheid. Je ne suis pas lui et nous ne sommes pas d’accord sur tout. Si vous voulez lui parler, faites-le.
Reprenons donc :
"Une polémique bien française !"
Pas du tout : le combat pour l’open access est international. Le Royaume-Uni vient d’obliger toute publication payée sur fonds d’Etat a être présent en open access, Harvard (voir plus bas) est en lutte contre Elsevier, de même que l’initiative The Cost of Knowledge, menée par Tim Gowers, lauréat de la médaille Fields etc. Ce scandale est donc un des nombreux qui existent à l’échelle mondiale.
-Est on obligé d’acheter vos articles sur Refdoc de l’INIST que 300 personnes cherchent, référencent, manipulent et mettent à disposition de celui qui en a besoin ?
-Le travail de 300 personnes représente-t-il moins que le votre ? si oui pourquoi ?
Je ne comprends pas ces questions. Si vous dites qu’il est normal que l’INIST vende les articles car ils ont travaillé à créer des métadonnées, je vous réponds que non : 1/car le juge ne pense pas ainsi 2/car leurs métadonnées sont très mauvaises comme le souligne l’association des professeurs d’histoire de l’art et d’archéologie des universités sur son blog 3/car je fournis gratuitement de bien meilleures métadonnées (gratuitement) sur le site d’archives ouvertes HAL.
-Vos articles parus dans des revues payantes ne vous posent pas de problèmes ?
La publication a un coût et c’est normal. Il ne faut cependant pas que ces coûts empêchent la diffusion. Les revues en SHS appartiennent souvent à des labos ou des sociétés savantes qui se contentent de couvrir leurs frais et permettent la publication en open access ensuite. Le système est correct.
-Combien l’INIST a t-elle vendu de vos articles ?
-Qu’elle CA représente ces ventes ?
-Combien lui ont elle coûté ?
Nous l’ignorons car l’INIST est d’une transparence à peu près nulle. Tout ce qu’on sait, c’est que ce n’est même pas rentable financièrement et que ç’a conduit à un recul sur le statut juridique de l’INIST.
Il y a en effet à parier que cela coûte très cher si on prend en compte les coûts humains, ce qui est un argument de plus pour mettre ces compétences sur d’autres services, plus utiles et moins coûteux.
-Etre dans une base de données de 53 000 000 de références (chiffres sur site refdoc) ne vous permet-il pas d’être mieux lu ou vu par quelqu’un qui chercherait un article d’un « d’un maître de conférences en sciences de l’information.Réflexions, analyses, signalements, opinions » ?
Peut-être, bien que les moteurs de recherche (entre autres Isidore, l’excellent outil également mis au point par le CNRS) soient aussi utiles.
Et c’est bien pour cela que je ne souhaite nullement la disparition de Refdoc mais juste qu’il devienne non-commercial pour les reproductions et signale l’OA s’il existe.
-Combien coûte le référencement de ces 53 000 000 de documents ?
Certainement fort cher, argument supplémentaire pour arrêter. Il apparaît cependant qu’il récupèrent des bases annexes (entre autres la Bibliographie d’histoire de l’art), là encore de manière étrange car pour des revues pour lesquelles j’ai fait des sondages, ils reprennent des biblio tierces mais seulement une partie.
Personne ne comprend bien ce qui se trouve dans Refdoc et ce qui ne s’y trouve pas.
-Dois-je attaquer mon buraliste qui me photocopie un courrier pour 2€ ?
-Si il s’agit d’un document CERFA dois-je reverser quelque chose à l’Imprimerie Nationale qui l’édite avec nos impots ?
-Comme c’est moi qui appuie sur le bouton, puis-je lui demander une réduction ou un dédommagement ?
Non, la copie par photocopie est couverte par le CFC pour des usages personnels et non commerciaux.
Le juge a condamné l’INIST et le CFC dans ce cas car l’usage est commercial, ce qui passe par d’autres procédures, et entre autres l’autorisation de l’ayant droit (contrairement au non-commercial)
-Cette croisade ne serait-elle pas plus personnelle que justicière ? (en référence à votre article -…me traiter de noms d’oiseaux …)
Vous parlez encore à M. Ertzscheid. En ce qui me concerne, je suis juste triste de voir mon pays partir dans des solutions ubuesques et des modèles économiques non valides alors qu’on sait (à peu près) dans quelle direction partir/chercher. Et sacrifier des missions de service public pour obtenir des fonds propres… et finir par perdre les deux.
Je le dis de manière personnelle sur un blog personnel. C’est tout.
-Le travaille que je fais chaque jour étant une recherche intellectuel, est-t-il normal que l’on me fasse payer une TVA dessus ? Et vous ?
Je n’y connais rien en fiscalité. Pourquoi pas ? Je ne sais pas.
J’imagine que les éditeurs vous versent des royalties ? Si non,Je vais peut-être me lancer dans l’édition de revue ! allez … je me détends encore !!!
Non, les articles scientifiques ne sont pas rémunérés… et ne sont en ce qui me concerne pas rédigés sur mon temps de travail. La recherche est du bénévolat pur.
[Considération sur les chercheurs qui travaillent peu et le lien avec le sida le cancer etc.]
Vous vous méprenez. Un chercheur travaille souvent 60 heures par semaine. Le plus proche de moi ne rentre en tout cas jamais avant 23 heures. Il effectue un doctorat extrêmement contraignant plis plusieurs postdoc (à l’étranger, au détriment de sa vie de famille) pour être payé 2000 euros par mois au bout du compte. Pas mal, me direz-vous ? Sauf quand des gens moins bons en prépa ont choisi d’être ingénieur ou de faire une école de commerce et en gagnent 3000 (et très rapidement plus) 5 ou 8 ans avant lui, sans s’être trop fatigué.
Et si vous ne faites pas de lien entre la recherche et la création de connaissances qui bénéficient ensuite à tous (de l’expo au Louvre à la création de médicaments), je ne sais que vous dire.
Quant à l’open access, cela sert précisément (entre autres) à cela : que le vaccin d’Ebola puisse être trouvé par une université africain parce qu’elle aura eu accès à toute la recherche mondiale, aussi bien que Harvard. Et c’est pour cela que Refdoc est pour nous un système dépassé créé par des gens qui ne comprennent rien à la recherche.
À vous,
Bonjour Rémi
J’ai envie de compléter ta réponse de quelques éléments supplémentaires.
Est-ce que l’INIST est cher ?
Face à une découverte majeure (Ebola, ou autre), le coût serait négligeable.
Cependant avec un coût à l’article prohibitif (à se demander comment ils le calculent ?), l’INIST est un frein, de plus, à la diffusion de l’information Scientifique et Technique.
Et ce coût – bien trop élevé – empêcherait justement une découverte majeure… ce coût devient/deviendrait alors considérable.
Est-ce qu’Olivier Ertzscheid cherche à polémiquer pour se faire mousser ?
Si on regarde ce qu’il demande : un lien vers un article en archive ouverte (Open Access).
Ce n’est pas une demande excessive. C’est une demande qui va dans le sens de la diffusion de l’information scientifique et technique… pour tous !
Si l’INIST avait continué son travail de dépouillement, en le portant jusqu’aux archives ouvertes, alors rien ne se serait passé.
On ne parlerait même pas du coût, mais d’un véritable service pour la communauté scientifique et pour le citoyen.
Mais la politique actuelle de l’INIST ne pointe pas dans cette direction. C’est déjà une première lacune.
La deuxième, c’est d’obliger les scientifiques français à prendre sur leur budget de recherche pour payer des abonnements ou des articles que d’autres scientifiques français ont écrit… sans toucher le moindre centime pour augmenter leur propre budget de recherche.
Pour éclairer "terrien", c’est comme s’il fournissait son travail intellectuel pour rien et qu’il le voit revenir chez son voisin augmenté d’un tarif de 50-100 euros + TVA !
Déjà qu’il trouve râlant de payer de la TVA sur son propre travail, que dire de la manœuvre précédente ?
Faut-il jeter ce système ?
-Combien coûte le référencement de ces 53 000 000 de documents ?
Certainement fort cher, argument supplémentaire pour arrêter.
D’après ce qu’on trouve sur Internet, le chiffre d’affaires de l’INIST est de 4 868 k Eur en 2010. Avec 300 personnes, on est à environ 5 000 – 5 500 k EUR de dépenses de personnel.
Ceci doit expliquer les tarifs très élevés pratiqués.
Le déficit n’est pas exceptionnel, si le chiffre d’affaires correspond bien à celui du référencement. Ça pourrait recouvrir d’autres éléments.
Mais faut-il arrêter pour autant le système ?
Clairement, je ne vois pas pourquoi.
Rien n’empêche une cohabitation de référencement Open Access et payant. Au contraire, les deux éléments sont complémentaires. On est toujours dans la diffusion de l’information scientifique et technique, dans la reconnaissance du travail des chercheurs… et c’est bien ce qui compte avant tout !
Une politique, ça se change. Ça évolue.
Bien cordialement
B. Majour
OK sur tout sauf sur « Mais faut-il arrêter pour autant le système ? Clairement, je ne vois pas pourquoi. ». Euh, parce que c’est illégal, peut-être ?
Une cohabitation open access/payant, aucun problème (en tout cas, c’est le problème des auteurs et des éditeurs : si certains veulent vendre de manière direct, rien ni personne ne peut les empêcher ; c’est notamment le modèle de Cairn) mais l’INIST n’a *pas le droit* de vendre des articles dont ils n’ont pas les droits.
Actuellement l’INIST continue ses contrefaçons car ça leur coûte moins cher de perdre un procès de temps en temps que tout arrêter. Cela s’appelle du cynisme. Ce ne sera pas le cas si plusieurs dizaines, voire centaines de personnes portent plainte en même temps… et c’est ce qui risque de passer s’ils ne changent pas leurs pratiques, justement.
Bien cordialement,
PS : Le modèle éco de l’INIST (on fait des choses illégales, en espérant peu de plaintes et donc moins de dommages et intérêts à verser que de CA), ça marche aussi très bien en lecture publique. Je me demande si le directeur de l’INIST entre dans la bibliothèque de son quartier, vole un livre et ressort, en sachant très bien qu’une municipalité ne va pas porter plainte pour un simple livre. Et qu’un tribunal ne lui dira pas grand chose alors qu’il est bien inséré dans la société…
RM écrit : « Une cohabitation open access/payant, aucun problème (en tout cas, c’est le problème des auteurs et des éditeurs. »
Non, ce n’est pas le "problème des auteurs et des éditeurs", le problème est l’abus de pouvoir des éditeurs qui obligent leurs auteurs à céder tous leurs droits en signant des contrats abusifs. Les contrats des revues ne sont pas en libre-accès. La majorité des revues françaises n’ont pas renseigné le (pseudo) service "Héloïse", pas plus qu’elles n’avaient renseigné le service Roméo. Le conflit d’intérêt entre les auteurs scientifiques et les rédacteurs en chef ou responsables des revues est important. Il est amusant de constater que parmi ceux qui font du ramdam sur l’épiphénomène "refdocs", nombreux sont les scientifiques le cul sur deux chaises, à savoir responsables éditoriaux ET auteurs scientifiques. Signataires pour le libre accès d’une part, et d’autre part, responsables de revues qui imposent des contrats abusifs et un embargo plus ou moins long, parfois même définitif, y compris sur les "versions auteurs".
Je ne crois pas qu’il y ait des gentils et des méchants à cet égard, tant qu’on reste dans le domaine des revues de sciences humaines, appartenant à des labos ou des sociétés savantes (on est loin d’Elsevier).
La plupart des revues qui ne sont pas en open access, c’est… parce que les gens qui s’en occupent ne savent même pas ce que c’est, voire que les auteurs *refusent* qu’on publie leurs textes sur Internet. On est encore très loin des habitudes des sciences dures, hélas. De ma (certes courtes) habitudes de chercheurs, je n’ai d’ailleurs jamais rencontré de revue scientifique m’interdisant de publier en open access (il est d’ailleurs rare qu’on ait un contrat) : les seules pour lesquelles ç’a été le cas, ce sont plutôt pour de la vulgarisation (le Cercle de la librairie, entre autres : mais on a fait pression et gagné).
Quant à Héloïse/Roméo, je ne sais pas où ça en est, mais quand je les avais contacté au début 2011 pour indiquer que la revue dont je m’occupe permettait le dépôt, ils m’avaient répondu qu’ils ne pouvaient le prendre en compte immédiatement car ils réfléchissaient à la nouvelle version du site : j’espère que ç’a évolué depuis.
Donc, actuellement : encore beaucoup de pédagogie à avoir… et être proactif quand on peut (et vivent revues.org et HAL qui le permettent !)
Cher Rémi Mathis
J’observe l’évolution des archives ouvertes en SHS depuis 2004 (avant les incitations au dépôt, dans l’ordre du directeur scientifique du département SHS du CNRS, puis du DG du CNRS), j’ai donc une bonne expérience sur le sujet et quelques petites connaissances (rires)
Je n’ai pas analysé en terme de "méchants" contre les "gentils", nous ne sommes pas dans un jeu vidéo. Je me suis mal exprimé, si ce point n’était pas clair. J’évoquais les conflits d’intérêt entre les différents participants (dans le monde de la publication scientifique en Shs).
Les scientifiques SHS sont parfaitement au courant de l’existence des archives ouvertes, c’est un sujet de discussion dans le milieu depuis 2005, exactement 30 juin 2005, date où Gérard Lenclud, DS du Dpt SHS-CNRS, a balancé un mail à tous les directeurs d’UMR, avec demande de suivi à tous les membres du labo, doctorants compris.
La tagada tactique consiste à tergiverser… par exemple, en disant que tout ceci est trop compliqué pour un chercheur SHS. La suite logique a été de ne pas renseigner Roméo (belle collection de prétextes vaseux), puis la création de "Héloïse" service plus adapté… quoique toujours aussi vide.
Avec Héloïse, nous avons gagné que des revues (absentes sur Persée) qui avaient autorisé au coup par coup –ou en lot– les auteurs à déposer en archives ouvertes sur Hal des "maquettes éditeurs" – un tit scan, une tite OCR, et hop, en ligne – ont déclaré l’interdiction de le faire sur Héloïse.
Les revues.org/cairn se gardent bien de renseigner héloïse, et leurs contrats éditoriaux types ne sont pas publics.
Je vous suggère de renseigner Roméo pour votre revue… Un plus serait d’autoriser les auteurs ayant été publié à déposer sur Hal les articles des numéros épuisés. Je crains fort que héloise, c’est une hypothèse, ne recontre pendant longtemps des problèmes.
Et pour vous faire rire. En 2006, j’avais réussi à convaincre mon ami Frank Laloë, papa de Hal, de négocier avec les éditions du CNRS (éditions privées) la mise en ligne de leurs ouvrages épuisés (maquette éditeur). Frank réussit à négocier l’affaire.
Devinette : que fit de cette autorisation Adonis, très grand équipement du CNRS, beaucoup d’argent (beaucoup beaucoup) ayant pour mission de favoriser l’entrée des SHS en numérique ? Adonis a lancé une vaste campagne de numérisation et de mise en ligne de nos archives scientifiques (de l’époque où les éditions CNRS étaient publiques) ?
Réponse ? Non, pas du tout. Adonis n’a rien fait pour exploiter cette merveilleuse autorisation officielle.
Etonnant, n’est-il pas ?
NB. Ne cherchez pas la collection des archives ouvertes du IIAC UMR8177 CNRS/EHESS dans la liste des collections affichées sur Hal (page des collections). Cette belle collection n’est plus affichée : plus de 600 publications en archives ouvertes.
Etonnant, n’est-il pas ?
http://hal.archives-ouvertes.fr/AO-IIAC
Ne cherchez pas la collection "CHANSONS-PAPIER-IMAGES" sur la liste des collections affichées sur Médihal (archives ouvertes scientifiques d’images) dans etc. Cette belle collection (plus de 1600 documents) etc.
http://medihal.archives-ouvertes.fr/CHANSONS-PAPIER-IMAGES
Etonnant, n’est-il pas ?
Encore plus rigolo. Ne cherchez pas sur les pages fr:wikipédia des laboratoires et des universités les liens vers leurs collections en archives ouvertes sur hal. Mes collègues et moi-même qui avons essayé de rentrer ces informations se sont fait accuser de spammer (très vilain pas beau).
Encore plus fort. Quand ma collègue des éditions universitaires de fac X a publié sur WP l’information "nos ouvrages épuisés sont disponibles en accès libre", l’info fut supprimée car "pas importante" et "publicitaire".
Voili voilou, y a pas les méchants contre les gentils, y a que des contradictions …
En final, une autre suggestion pour votre revue. Un petit texte sur Hal présentant l’histoire de la revue, avec en annexes l’ensemble des tables des matières, et la politique en archives ouvertes (lien sur wikipédia) ?
=> "Les scientifiques SHS sont parfaitement au courant de l’existence des archives ouvertes"
Je crois que vous êtes très optimiste. Parlant avec des membres d’un comité de rédaction d’une revue, je m’aperçus qu’aucun d’entre eux (ce sont scientifiquement de bons chercheurs et ils ne sont ni plus ni moins au courant des enjeux que d’autres dans ces matières) n’avait ne serait-ce qu’entendu (ou du moins retenu) l’expression "peer review" ni "open access". Jamais. Inconnu pour eux huit…
=> Roméo
Je veux bien réessayer, mais encore une fois, c’est eux qui avaient refusé. Tout comme cela fait 2 ans que je me bats auprès de l’AERES pour que la revue figure dans leurs listes (actuellement aucune revue sur l’estampe n’y figure, non plus que les deux meilleures revues au monde (une américaine et une anglaise) en histoire du livre…), pour l’instant sans succès.
=> Je ne comprends pas ce que vous dites sur l’UMR8177, que je ne connais pas
=> Wikipédia : ben oui, c’est normal, c’est une encyclopédie, pas une page de liens d’un labo : pour cela un labo dispose d’un site Internet.
=> "Un petit texte sur Hal" : ne comprends pas non plus. Hal est une archive ouverte, pas un lieu de publication première… Plutôt sur notre site Internet, mais il est tout pourri et nous attendons d’avoir de l’argent pour le faire évoluer
Bonjour Rémi
OK sur tout sauf sur « Mais faut-il arrêter pour autant le système ? Clairement, je ne vois pas pourquoi. ». Euh, parce que c’est illégal, peut-être ?
Oui, oui, c’est vrai le côté illégal.
Voyons voir. C’est illégal tant qu’un accord n’a pas été obtenu.
Rappelle-toi Google et sa bibliothèque Googlebooks.
Illégal, jusqu’à l’entente commerciale.
Depuis c’est tout à fait légal.
L’illégalité (temporaire) ne justifie pas l’arrêt complet du système.
Tu remarqueras que la politique de l’INIST et celle de Google est parallèle.
Je fais, j’attends le procès. Je paye, et je continue… parce que, tu as raison, c’est moins cher de perdre un procès que de suspendre ce genre de commerce.
Tu appelles ça du cynisme. Moi, je te réponds, c’est du commerce à la Google.
Je me sers… oups, je référence et j’expose les documents par mes propres outils… jusqu’à ce que les gens râlent.
La seule différence entre l’INIST et Google, c’est le tarif.
Preuve supplémentaire que l’INIST doit changer sa politique.
Avec un tarif moins cher, avec un moissonnage des Archives ouvertes, personne n’aurait bougé.
Parce que le respect des auteurs, et de leur travail, aurait été pris en compte.
Pour beaucoup, c’est ce qui importe avant tout.
Bien cordialement
B. Majour
Les français d’ une manière générale (et surtout lorsqu’ il s’ agit d’ organi$mes , privés ou étatiques : il n’ y a + de différence !…) ne pensent + qu’ au fric, au flouze, au blé , à l’ argent : C’est les seuls à vouloir vous faire payer pour qquechose que vous NE LEUR DEVEZ PAS !!!
Aussi, faut-il apprendre à se débrouiller pour acquérir la chose ailleurs et autrement, sans avoir recours à ces voleurs obsédés par le lucre …
Achetez le moins possible dans l’ hexagone , et soyez SÛRS de votre affaire d’ abord ! …
[...] Pas tellement eu le temps de veiller correctement et efficacement cette semaine… Un petit article glané en début de semaine qui résume ce qui agite la communauté des chercheurs en ce moment et c’est tout : Le scandale de l’INIST. [...]
Votre article expose clairement les données du problème. Il est peut être un peu rapide de dire que les revues scientifiques ne cherchent pas à gagner de l’argent. Des rentabilités à deux chiffres, à 20/30 % sont enviables pour d’autres secteurs industriels (cf L’édition scientifique (1) : un oligopole profitable sur Acrimed. Il n’est pas anormal dans notre société capitaliste qu’une organisation qui prétend apporter un service ajouté se rémunère pour cela. Les agrégateurs de presse prospèrent sur cette logique et il me semble qu’une petite entreprise américaine gagne un peu d’argent en signalant des ressources sur le net : Google. Mais il semble selon les chiffres cités que l’Inist se paie un peu trop cher ! Il est cependant intéressant de rappeler qui paie : dans le système de la publication scientifique, un chercheur est payé par son organisation en général publique (université ou centre de recherche) pour faire des recherches, dont il publie le résultat dans une revue, sans contrepartie financière. La revue vend alors ses abonnements à des organisations similaires, à des coûts exorbitant par rapport aux coûts de fabrication. Des intermédiaires parviennent également à prospérer entre éditeurs et organismes. La plupart des revues sont éditées par des laboratoires et sociétés savants sans but lucratif, mais la moitié des publications les plus diffusées le sont par des éditeurs privés, très rentables. L’Inist ne vient que rajouter un scandale à un système déjà scandaleux, où des fonds d’investissements rançonnent in fine les citoyens qui pourraient s’attendre que le financement public de la recherche ne percole pas dans les coffres de financiers. Le mouvement initié par Olivier Ertzscheid pourrait être l’étincelle d’un mouvement qui remette en cause ce système. Il suffirait d’une réunion des ministres de la Recherche européens pour que cela cesse.
Il faut faire une distinction claire entre les sciences dures (où l’édition est en effet réalisée par de grands groupes industriels au modèle non soutenable et à l’éthique plus que contestable) et les sciences humaines où la plupart des revues sont gérées par des labos et des sociétés savantes (associatives).
Google et l’INIST n’ont rien à voir : Google indexe des contenus puis permettent de les consulter. C’est précisément ce qu’on aimerait que l’INIST fît ! Or, ce que l’INIST fait en ce moment, c’est comme si Google vous vendait les articles du Monde (par ailleurs dispo gratuitement sur lemonde.fr) sans *rien* reverser au Monde.
Tout à fait d’accord sur ce que vous dites sur les intermédiaires inutiles qui rançonnent les fonds publics (en sciences dures) : c’est le but de l’open access de les squeezer (cf The Cost of Knowledge, etc.).
Combien de revues de rang A en SHS (France) sont publiées par des sociétés anonymes (PUF, Belin, ed. du CNRS) ou des branches de multinationales (Editis ex-Videndi) ? Le couplet sur les revues SHS publiées par des sociétés savantes ou des labos est inexact. La preuve en est les actions de lobbying du SNE (Syndicat national de l’édition – patronal) contre les archives ouvertes, la création d’un syndicat patronal de l’édition scientifique. Les discours sur "les petites revues" ou "les petits éditeurs" permet d’embrouiller et n’expose pas la réalité du marché. Les revues des "vraies" éditions universitaires fonctionnent aussi comme des entreprises, et pas comme des sociétés savantes.
S’il vous plaît, un peu de mesure. Quand la Société d’études du XVIIe passe par les PUF pour le travail éditorial, cela laisse les revues à quelques dizaines d’euros par an, accessible à tout lecteur, y compris aux personnes privées : les PUF font un travail et se rémunèrent de manière raisonnable. On est très loin des dizaines de milliers d’euros demandés par les grandes revues scientifiques (que seules les universités peuvent acheter… et encore pas tous).
Parmi les "labos et sociétés savantes" propriétaires de revues, on peut rajouter Hachette et
Pour observer à qui appartiennent les revues SHS
http://www.cairn.info/Accueil_Revues.php?TITRE=A
Vous connaissez le montant annuel des abonnements payés par Couperin ? Pourquoi ce montant est-il tabou ?
Vous connaissez les résultats financiers annuel des PUF : "raisonnables" ? Des résultats à deux chiffres ? Vous connaissez les résultats des branches "éditions scientifiques et universitaires" des groupes ?
Ce qui est étonnant, ce sont les arguments toujours employés en réponse à ces simples constat, au nom de la raison. En SHS, il y a aussi des "grandes" revues, très rentables.
Cairn est *précisément* l’exemple du risque de la mise en place d’un système de type Elsevier dans les SHS. C’est le contre-exemple absolu de ce qu’il ne faut pas faire, avec l’Etat qui aide des structures privées pour qu’elles puissent créer un portail ensuite payant… L’Etat aura payé 1/pour monter Cairn 2/pour payer la rédaction des articles 3/pour payer l’abonnement. Les éditeurs, eux, n’auront rien payé mais récupèrent les bénéfices.
Couperin n’achète rien mais négocie : ce sont les universités qui payent, à des prix qui varient selon les usages et la négociation.
Vous parlez là des revues électroniques, qui sont loin d’être encore la majorité en SHS, hélas. Et des revues vendues, où il y a négociation. C’est à dire en fait essentiellement Cairn…
Les PUF n’ont pas des taux de bénéfice à deux chiffres, et encore moins sur les revues scientifiques (http://www.societe.com/societe/presses-universitaires-de-france-542087168.html). Toutefois, on sort du sujet : la question est de savoir s’ils permettent l’open access et, pour XVIIe siècle du moins, la réponse est oui.
Revue "Dix-Septième siècle" : durée d’embargo (pour versions soumise et validée) = trois ans. Pour version éditeur, embargo = permanent.
Source : Héloïse
Caractéristiques d’Héloïse : ne fournit pas de lien permettant de citer la page d’une revue ; ne fournit pas de classement consultable par ordre alphabétique ; ne fournit pas la possibilité d’ouvrir les pages sur "nouvelle page" ; oblige à une consultation par retour aux pages de base.
Ils ne font pas signer de contrat => les auteurs ne s’engagent à rien.
Vous semblez très en colère contre tout et tout le monde
On peut lire Eliane en colère, c’est exact.
Elle est signataire de la pétition de SavoirsCom1
, donc normal qu’elle soit en colère et le fasse savoir.
En plus, elle est partie prenante des archives ouvertes.
Donc, elle connaît très bien le problème (ça se voit !)… et a essayé plein de choses.
Cependant, pas sûr qu’elle soit en colère.
Tu peux lire chaque réponse comme une dénonciation du système fautif…
Le plus gros point noir, c’est bien l’absence d’un lieu où toutes les archives ouvertes serait signalé. Il y faudrait presque, et pourquoi presque d’ailleurs, un moteur dédié.
Parce que, c’est sûr, la Wikipedia n’est pas l’endroit pour ce genre de liens.
Voilà qui remet l’INIST dans le cadre de sa mission de diffusion.
Ou alors, il faut créer un SciencePedia, qui va plus profond que la Wikipedia.
Bien cordialement
B. Majour
P.S. : je crois avoir vu passer un "pedia" qui va mettre en place ce genre de profondeur, avec même les discussions scientifiques.
Un exemple : Groupe de Boeck.
En avril 2011, la société de capital investissement Ergon Capital Partners III SA, soutenue par le Groupe Bruxelles-Lambert, acquiert l’ensemble du Groupe De Boeck afin de soutenir le développement ambitieux de ses activités.
http://groupe.deboeck.com/
C’est connu des économistes, les actionnaires des SA d’investissement sont des mécènes scientifiques !
[...] more detail is given on the blog “Droits d’auteur” (post 1, post 2) in French. There is also an online [...]